BIO

Composé des jumelles Antha et Kincy, Orties est un projet lourd de son et de sens, une aventure artistique unique en son genre. Etudiantes aux Beaux-Arts, les deux soeurs y voient l’unification de leurs aspirations : la musique, bien sur, mais aussi la vidéo, la photo, le dessin et la performance live, comme vous avez pu le voir si vous avez été présent à l’un de leurs récents concerts à Paris… D’ailleurs, Antha et Kincy conçoivent cet album comme la première esquisse d’un projet où la cohérence se doit d’être totale. Et le nom du disque n’a pas été choisi par hasard : référence ironique à ce phénomène de société où seul le sexe apporte la gloire, dans un monde où la femme, tyrannisé par le fantasme masculin sans même s’en douter, s’y soumet. Loin d’accepter cette situation désastreuse, la Sextape sonne comme une revanche personnelle à cette misogynie ambiante, et le premier single « Plus Pute Que Toutes Les Putes », sorti en avant-coureur il y a quelques temps, en avait déjà posé les fondations. Réponse misandre et macabre à un monde où la domination masculine prime, ce titre a, par cette situation d’inversion, pour but de montrer et d’ouvrir la réflexion.

Mais bien au delà d’un concentré de misanthropie, les titres qui composent la Sextape sont des chansons exprimant une vision romantique d’un amour trop fort, trop haut, jamais assouvi et inatteignable (cf. le morceau « Soif de Toi »). La perte des illusions adolescentes et l’amour désenchanté puis iréel sont des thèmes chers à Kincy et Antha, en proie au doute dans une existence vide de sens. Pour combler ce vide, elles créent alors un monde parallèle, emprunt de rêveries et de mauvais trips, un monde où la drogue est fréquente et où l’on a du mal à distinguer le vrai du faux, le rêve de la réalité. On croise alors des mises en scènes tarées dans lesquelles la mort apparait sous un ciel bleu, et où, en plein délire gothique-tropique, le chaos devient fun.

La modernité de la musique d’Orties se ressent aussi dans les parties instrumentales, véritable bande-son de ces jeunes artistes vivant à 200 % à l’heure dans ce « Paris Pourri » dont elles font l’apologie. Mises en musique par divers producteurs aussi barrés que novateurs (Butter Bullets, Mofo, Frensh Kyd, Cik…) les titres qui composent la Sextape risquent fort d’interpeller : de l’hymne « Ghetto Goth » qui ouvre l’album avec une énergie indiscutable jusqu’à l’épileptique « Orgasm » en passant par la dance extra-terrestre des « Fleurs Bleues à Paillettes », Orties réinventent un rap à tendance nouveau punk. Antha et Kincy se sont tournées vers le hip hop car elles y voient une certaine pulsion qu’on ne peut retrouver nulle part ailleurs, elles qui ont commencé par le rock dans une formation goth il y a près de dix ans. Plus que ça, le rap et son langage totalement ancré dans son époque leur permettent d’expérimenter une véritable sensation poétique, l’un de leurs enjeux principaux, avec des modèles différents pouvant aller de Bret Easton Ellis à François Villon. Entre new age, new wave, electro/hip hop et black métal, les Orties se font un malin plaisir à mélanger et triturer les influences de la culture pop des années 80 à nos jours pour nous offrir un produit fini aussi rare dans la forme qu’abouti dans le propos.

De la mixtape à la Sextape il n’y a qu’un pas, et du projet réalisé en totale indépendance artistique et financière jusqu’à ce disque distribué partout en France, les Orties ont su évoluer et garder leur ligne de conduite. Clin d’oeil aux mixtapes rap old-school, caricature ouverte des nombreuses ‘sextapes’ de stars qui affluent sur le net et qui symbolisent la dégénérescence de notre société, ces 13 titres sont autant de voyages dans un monde nouveau, de la dark rave au total dream, du passé simple au futur imparfait. De Paris à Hollywood. De la vie à la mort et inversement. Dans la tête de l’une et le corps de l’autre, espace mental infini appelé ORTIES.

Twitter updates

No public Twitter messages.